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Tribune des arts: Musées horlogers: interactivité ou pas?

Par Jean-Daniel Sallin

Et c’est là tout le paradoxe que les marques horlogères ont à gérer lorsqu’elles racontent leur histoire: comment rester passionnante, surtout pour la jeune génération, sans vendre son âme au diable? Comment marier tradition ancestrale et technologie moderne? Faut-il rester dans le compromis pour plaire à toute le monde? Ou, au contraire, parier sur la modernité au risque de rebuter les puristes?

«Aux États-Unis ou en France, les musées ont beaucoup évolué dans leur scénographie, alors qu’ils n'en avaient pas besoin: ils sont financés par l’État», fait remarquer Xavier Dietlin.

«Aujourd’hui, l’expérience est réussie lorsque le visiteur a le sentiment de faire partie intégrante de l’exposition. On doit rendre les choses émotionnelles, faire battre les cœurs... Le problème de l’horlogerie, c’est ce boulet de la tradition qu’elle a au pied. C’est ce qui a fait son succès, mais il s’agit de ne pas rater le virage du XXIe siècle.»

L’homme sait de quoi il parle. CEO de Dietlin Swiss Showcases, il a révolutionné la manière de présenter des montres dans les salons ou dans les boutiques. Il a aussi participé (en partie!) à l’élaboration du musée Omega, inauguré en 2019 dans la Cité du Temps à Bienne. «Le plus abouti», à son avis! Par un savant dosage d’interactivité et de récits, il nous fait en effet voyager dans cette saga riche en références. On revit les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, on se fait chronométrer sur une piste d'athlétisme, on redécouvre les missions de l’agent 007, mais on peut aussi découvrir la chronologie des «exploits» de la marque dans ces vitrines qui ondulent au centre de la salle.

«L’objectif n’était pas de créer une ambiance de parc d’attractions», précise Petros Protopapas, directeur du patrimoine chez Omega. «Nous n’aurions pas respecté l’héritage de la marque, en poussant l’interactivité trop loin. C’est une question d’équilibre! On ne peut pas bâtir l’avenir, si on n’a pas une compréhension solide du passé et nous aurions le sentiment de trahir nos clients si nous avions omis de raconter ce pour quoi la marque est célèbre.»

Depuis son ouverture, le musée a déjà trouvé son public, notamment auprès des écoles. «Encouragées par leurs enseignants, de nombreuses classes d’enfants et d’adolescents, venant de toute la Suisse, se sont plongées dans cette expérience Omega. C’est très gratifiant de voir à quel point ils se montrent curieux de l’horlogerie et de son savoir-faire.»

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