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My Big Geneva: Dietlin s’expose au SIHH.

Nous y sommes! Pour la 24ème fois dans l’histoire du Salon International de Haute Horlogerie (SIHH), 30’000 mètres carrés de moquette moelleuse sont déroulés. Plus de 12’500 visiteurs la fouleront sans y prêter la moindre attention. Parmi eux, les visiteurs/acheteurs dont dépendent notamment les exportations de garde temps du groupe Richemont. Certains porteront un regard avisé sur les vitrines. Cet objet, apparemment insignifiant, recèle un grand pouvoir de séduction. Bombées, cubiques, faites en bois de résonance, équipées d’écrans à cristaux liquides, automatisées, rien n’arrête la quête d’innovation des manufactures horlogères quand il s’agit d’exposer leurs créations. Lorsque la technique du contenant doit sublimer celle du contenu, c’est à Dietlin d’apporter son savoir-faire pour réaliser les vitrines les plus audacieuses.

L’histoire des ateliers métalliers Dietlin est digne d’être contée. Tradition et génie sont transmis dans la famille Dietlin depuis quatre générations. Les archives du chantier de la gare d’Orsay à Paris mentionnent l’intervention de Xavier-Louis Dietlin (1854-1944) artisan métallier établi à Porrentruy (JU). La construction de cette célèbre gare, principalement faite de verre et d’acier, fût demandeuse en main-d’œuvre qualifiée. L’embauche dépassa les frontières de l’Hexagone afin de l’inaugurer, en temps et en heure, pour la grande exposition universelle de 1900.

Petit-fils de Xavier-Louis, Hubert Dietlin reprend les rênes de l’entreprise familiale. Pendant son activité il excellera dans la réalisation d’ouvrages requérant une haute technicité. Citons la rambarde reliant les trois étages du Musée Olympique de Lausanne, longue de 500 mètres et électrifiée. Les lignes de cette balustrade ne cessent d’impressionner depuis sa construction en 1991.

En 1992, l’arrivée de l’arrière-petit-fils, Xavier Dietlin, dans l’affaire de ses aïeuls réoriente l’entreprise familiale. À 23 ans, mûri par une expérience trop compétitive au sein du football professionnel suisse, il entame une reconversion heureuse, mais douloureuse suite à une blessure qui l’empêcha de poursuivre sa carrière footballistique. Diplômé de l’École des Arts et Métiers de Berne avant ses exploits sportifs, Xavier déborde d’inventivité. Pour satisfaire ses ambitions créatrices, plus question d’être sous la direction d’un architecte comme l’ont été ses parents. Le domaine d’activité de l’entreprise entame son changement. Le métal quitte le bâtiment pour se mettre au service de l’industrie horlogère. À partir de maintenant il est question de “ne pas suivre les autres” dit Xavier Dietlin en se référant ici à ses confrères métalliers.

Cette phrase revient souvent durant notre échange. Nous sommes confortablement installés dans le showroom des ateliers entourés des vitrines Dietlin. Pourtant la conversation ne prend pas des tournures de one man show narcissique. Xavier est profondément motivé par les relations humaines qu’il a cultivées avec ses clients tout au long de sa carrière: “La valeur humaine c’est l’essence même qui fait avancer le monde et le jour où l’on a plus ça on est tous des pauvres types” me dit-il. Cette philosophie est gratifiante car au fil des ans les artisans métalliers Dietlin, ont développé et fabriqué des vitrines pour Cartier, Van Cleef & Arpels et Greubel Forsey, pour ne citer que ces marques, présentes au SIHH. Au-delà d’un simple achat, l’acquisition d’une vitrine Dietlin est le fruit d’une étroite collaboration entre horlogers et métalliers. “On me félicite d’être innovant et d’oser, mais si j’ose c’est parce que mes clients eux aussi osent. Sans ça il n’y aurait pas grand-chose” ajoute-t-il humblement. Alors pour oser Xavier va à la rencontre des horlogers et discute avec les concepteurs de prototypes. “L’autre jour, j’étais avec François-Paul (Journe), pour discuter de la manière d’exposer sa prochaine montre… ça va être énorme!” Xavier attise ma curiosité, mais je n’en saurai pas plus, Gentleman Agreement oblige. Très vite, notre discussion aborde le succès mondial que fut Raptor. Cette vitrine, conçue pour Hublot et présentée au public en 2006, permet d’exposer une montre à ciel ouvert, sans la confiner dans une cage de verre. Dès qu’un visiteur s’en approche de trop près, un ingénieux système escamote instantanément la montre dans le socle de la vitrine.

La société de Xavier Dietlin l’a réalisée en association avec FiveCo pour l’électronique du système qui gère la détection de l’intrusion et la société BlueBotics qui a œuvré à la réalisation des pièces mécaniques. Il me confie qu’un modèle deRaptor II est en construction pour fêter les dix ans de ce succès. Il ne semble pas approuver cette méthode commerciale mais le marché est demandeur: “Je ne fais pas des vitrines pour qu’elles plaisent au CEO des manufactures horlogères. Il ne faut pas oublier que les boutiques sont nos clients finaux et que ce sont les principaux intéressés”. Pour surprendre à chaque création de vitrines high-tech. Xavier Dietlin multiplie les partenariats avec des viviers créatifs comme la HEAD (Haute Ecole d’Art et de Design, Genève). “Les bonnes idées viennent du fond. Moi je m’efforce de les faire gravir au sommet. Parfois la technologie n’est pas la seule voie possible. On peut faire de très belles choses simples et poétiques, d’ailleurs je ne suis pas un geek” conclut-il. L’entretien terminé, nous rejoignons l’équipe Dietlin qui fête le dernier jour ouvrable de l’année. Nous levons nos verres, remplis d’un bon nectar du Lavaux, à la santé des salons à venir. Le SIHH sera le premier d’un millésime qui s’annonce prometteur. 

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